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Interview avec Liv Grete et Raphael Poirée

Combien souhaitez-vous avoir d'enfants ?
Liv : Disons 2 ou 3. Ce serait bien qu'Emma ait des frères et soeurs.

Raph, Ce printemps, Nordic-aventure y était allé d'un poisson d'avril en annonçant que tu t'étais naturalisé norvégien et que tu allais dorénavant courir sous les couleurs norvégiennes : y as-tu songé à un moment ou à un autre ?
Raph : J'y ai songé avant d'entamer ma carrière … non, je plaisante ! Je suis né Français et je mourrai Français !

Seriez-vous aussi forts, sans l'autre ?
Liv : C'est difficile à dire, mais je pense qu'une bonne part de notre succès est dû au fait que nous ayons été bons ensemble.

Quel souvenir gardez-vous de votre première course de Coupe du monde ?
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Liv : Oh, voilà une question bien difficile … je me souviens … de Raphaël ! (rires)
Raph : Cool ! Et moi je me souviens de toutes les autres filles ! (rires)
Liv : (riant toujours) A part moi !
Raph : Mais non… ça fait combien de temps qu'on est mariés ?
Liv : 6 ans, et 10 ans qu'on est ensemble.

A quoi pensez-vous, que ressentez-vous avant une course ? Avez-vous un rituel ?
Liv : Oui, je sais dans quel état je dois être pour faire une bonne course et j'essaie toujours de trouver le bon niveau de nervosité- ni trop, ni trop peu. J'essaie toujours de trouver les bonnes sensations en vue de la course.
Raph : Je ressens de plus en plus le besoin d'être à la maison, avec Emma. Et je le ressens également avant la course. Je ne suis plus aussi nerveux ; avant Emma, le biathlon était la seule chose qui comptait dans ma vie, désormais c'est la famille. Le sport, c'est un jeu.

Quel est, à ce jour, le meilleur moment de votre carrière ?
Liv : Sans doute les Championnats du monde d'Oslo !
Raph : En 2000. Pareil pour moi, parce qu'on y a gagné le même jour.

Que pensez-vous ou espérez-vous faire aux Jeux ? Et en ce qui concerne le relais ?
Liv : J'espère être meilleure cette année et faire de bonnes courses. Si je pouvais livrer ma meilleure course aux Jeux olympiques, je serais comblée ! Et j'espère qu'elle sera vraiment bonne!
Nous avons une bonne chance en relais. On est quatre filles à aimer l'altitude, et si on est en forme on peut sortir une bonne course.
Raph : Avec le relais, on peut faire un podium, mais il faut déjà qu'une autre équipe se plante. La piste n'est pas des plus difficiles, la difficulté vient plutôt de l'altitude. Oui je pense qu'on peut faire un podium.

Cette saison sera-t-elle votre dernière ?
Raph : Mhh… on verra !
Liv : Je me déciderai après cette saison, durant l'été. Ce ne seront pas mes résultats aux Jeux qui seront déterminants, mais Emma.

Comment jugez-vous les dernières innovations qu'a connues le biathlon, l'introduction du relais mixte, les courses de nuit ou les courses-exhibition de "Auf Schalke ? Est-ce quelque chose de positif pour le biathlon et les athlètes eux-mêmes?
Raph : Pour ma part je pense que c'est très bien. J'ai participé une fois à la "Auf Schalke". C'est un spectacle excellent, il faudrait qu'on le fasse, mais la saison de Coupe du monde représente tellement de courses, et puis il faut voir qu'on a une vie de famille, donc pour nous ce sera difficile d'y aller si on veut avoir le temps de faire aussi d'autres choses.
Liv : Tout-à-fait. On sort de trois semaines de compétitions, je ne veux pas aller là-bas deux jours à peine après être rentrée à la maison. Pour le sport, c'est un bien, mais en ce qui me concerne, profiter des vacances pour exercer au mieux mon rôle de mère passe avant.
Les courses de nuit ont bien sûr leur charme, mais le sommeil s'en ressent, vu qu'il faut du temps pour se détendre après. Mais oui, j'aime bien ces courses de nuit.
Raph : J'aime aussi assez, mais j'aime encore mieux dormir, car le lendemain c'est dur.
Liv : En fait il faudrait que toutes les courses soient agendées le soir, de façon à pouvoir à chaque fois dormir plus longtemps le matin. Parce qu'avoir une course le lendemain à 10 heures, c'est dur.

Interview mené des Anne Gassner & Karolin Hemp en Janvier 2006